Se faire du souci

Par Lisa Sidorowicz, Praticienne certifiée et instructrice en ICB, Oakville, ON

Dans mon expérience en tant que praticienne en Ingénierie des Croyances de Base, j’ai appris que se faire du souci est probablement la forme de sabotage la plus universelle dans l’existence.
C’est une façon négative de voir les choses qui est basée sur la peur et qui est auto-destructrice.
Se focaliser sur les problèmes va projeter des limites préconçues de soi dans le futur et répondre à la question : “et si ?…” en prévoyant les pires circonstances.
Se faire du souci d’une manière chronique ne génère pas que de l’inconfort mais aussi de l’anxiété et des peurs ; et cela peut aussi limiter la clarté d’esprit et une perception claire de la situation ; cela va également empêcher toute créativité et le résultat est l’inefficacité et l’inaction.
Malgré le fait que beaucoup de gens sont conscients que de se faire du souci épuise mentalement, ils continuent de se faire du souci parce qu’à un certain niveau, ils en reçoivent un certain bénéfice.

Le fait de se faire du souci prend ses racines dans des stratégies de protection dépassées de l’enfance.
Pour certaines personnes, ça a commencé alors qu’enfants, ils vivaient dans un environnement familial émotionnellement instable, c’était pour eux une forme d’hyper-vigilance.
Se faire du souci peut aussi avoir été utilisé pour prévoir d’éventuels futurs scénarios afin de prévenir, d’éviter ou de se protéger d’expériences négatives imprévisibles. Ces stratégies sont fondamentalement fondées sur les ressentis d’impuissance de l’enfance, sur le doute, le manque de confiance de ses capacités de s’en sortir dans la vie.

Se faire du souci peut aussi avoir été utilisé comme une stratégie de protection contre le rejet et la souffrance associés au fait de faire des erreurs.
Certaines personnes, dans leur enfance, ont été humiliées, blâmées ou punies parce qu’elles avaient fait des erreurs. Ces personnes n’ont pas appris que les erreurs font partie de la croissance et du changement. Elles ont plutôt appris que faire des erreurs sont des expériences qui font mal. De ce fait, se faire du souci peut avoir été développé comme une tentative pour éviter de faire d’autres erreurs.

Comme les enfants, certaines personnes ont inconsciemment intériorisé l’état d’esprit soucieux et les croyances de leurs parents. Quand John était petit, ses parents se faisaient constamment du souci et il a inconsciemment adopté leur perspective anxieuse. L’attitude modelée par ses parents l’a conduit à croire que penser et se faire du souci est la même chose.
Jane était venue me voir pour travailler sur ses sentiments d’agitation constante au travail. Dans le processus, elle a découvert que son père ne pensait qu’elle travaillait bien que lorsqu’il la voyait se faire du souci à propos de ses devoirs. En conséquence, elle avait inconsciemment assimilé se faire du souci avec essayer de faire de son mieux et cette croyance limitante s’était manifestée depuis ce temps-là.

Se faire du souci est universellement tellement omniprésent que beaucoup de gens voient cela comme allant de soi et comme si c’était une partie tout à fait normale d’eux-mêmes. Après une réflexion consciente, beaucoup de mes clients me reportent que plus de la moitié de leur temps est utilisé à se faire du souci. Ils trouvent également que leur sommeil est troublé par des rêves soucieux. Ce n’est pas étonnant s’ils sont épuisés!
Se faire continuellement du souci est physiquement, émotionnellement, mentalement et spirituellement épuisant!
Se faire du souci va engendrer de la nervosité, de l’anxiété et même de la dépression mais cela peut aussi se manifester physiologiquement par des symptômes tels que compromettre certaines fonctions, de l’insomnie, de la fatigue, des maux de tête, des tensions, les dents qui grincent, des angoisses et augmenter la pression sanguine.
Se faire du souci constamment peut interférer avec la clarté d’esprit, freiner les prises de décisions et empêcher toutes ressources intérieures, telles que la créativité (utilisée pour concocter différentes possibilités de scénarios futurs), l’analyse (utilisée pour interpréter ces scénarios), et la concentration (utilisée pour se focaliser sur ces scénarios), etc.
Bien que se faire du souci puisse être trompeur et destructif, cela revient constamment parce que la plupart des gens, consciemment et/ou inconsciemment croient que se faire du souci est bénéfique.
Un bon moyen pour déceler vos croyances à propos de se faire du souci est de vous demander ce que vous pensez qu’il pourrait arriver si vous arrêtiez de vous faire du souci.
Une des réponses courantes que j’ai entendues en tant que praticienne en ICB est : “si je ne me faisais pas de souci, ça voudrait dire que je suis froid, inhumain et que ma famille m’indiffère” ou alors : “si je ne me faisais pas de souci, je laisserais aller les choses n’importe comment et ma vie serait chaotique”.
Ainsi que ces exemples le démontrent, se faire du souci a été faussement assimilé à être aimant, prendre soin de, être responsable et dans le contrôle.

Se faire du souci a aussi été faussement assimilé à prévoir et/ou organiser, résoudre des problèmes, analyser, apprendre, s’améliorer.
Cependant, se faire du souci n’est rien de tout cela. Les soucis sont simplement des soucis et rien de plus!

Se faire du souci de manière constante est symptomatique de croyances limitantes sous-jacentes et profondément ancrées dans des schémas bien établis du subconscient. Lorsque ces croyances basées sur la peur sont transformées, la confiance et la créativité peuvent librement s’exprimer. Tous les talents, habiletés et qualités qui avaient été étouffés par les soucis peuvent être libérés et cela va permettre de penser plus clairement, de s’ouvrir à plus de possibilités, d’être plus aux commandes de sa vie.
A partir du moment où les gens sont libérés du fardeau mental et émotionnel des soucis, ils peuvent vivre pleinement le moment présent et faire face au futur avec une plus grande sécurité intérieure, sachant que quoi qu’il arrive, ils seront à la hauteur de la situation.

Thérapie et développement personnel – Lausanne Suisse